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API facturation électronique 2026 — guide développeurs

API facturation électronique 2026 : spécifications Factur-X, UBL, EN 16931, types d'API (PA, e-reporting, PPF), sécurité OAuth/mTLS, comparatif PA ouvertes.

Rédaction Compafacturation — Équipe éditoriale indépendante

Mis à jour le · 9 min de lecture · Méthode publiée

→ Sommaire

Pour développeurs, intégrateurs, éditeurs SaaS et DSI. La réforme facturation électronique 2026-2027 introduit plusieurs APIs distinctes selon le rôle de votre application. Ce guide explique les spécifications, les standards (Factur-X, UBL, EN 16931), les modèles d’authentification (OAuth 2.0, mTLS), et liste les Plateformes Agréées (PA) qui exposent une API publique ou partenaire.

Les 3 APIs distinctes de la facturation électronique

La réforme expose en réalité trois APIs distinctes selon votre rôle :

1. API d’une Plateforme Agréée (PA)

Pour qui : éditeurs ERP, applications SaaS, marketplaces qui veulent émettre/recevoir des factures pour le compte de leurs utilisateurs.

Ce que vous pouvez faire :

  • Émettre une facture Factur-X / UBL via la PA
  • Recevoir des factures destinées à votre utilisateur (webhook ou polling)
  • Récupérer les statuts (envoyée, reçue, acceptée, payée, refusée)
  • Gérer les annuaires partenaires (recherche par SIREN)
  • Transmettre les e-reportings agrégés

Authentification typique : OAuth 2.0 (client_credentials ou authorization_code) + JWT signé pour chaque appel.

2. API du Portail Public de Facturation (PPF) — APIs AIFE

Pour qui : Plateformes Agréées et Opérateurs de Dématérialisation (OD) — pas pour les TPE/PME directes1.

Ce que vous pouvez faire (en tant que PA opératrice), depuis le recentrage du PPF1 sur ses deux missions (annuaire central et concentrateur e-reporting) :

  • Consulter et alimenter l’annuaire central des destinataires
  • Pousser les agrégats e-reporting au concentrateur PPF

Authentification : mTLS (mutual TLS) + certificats émis par l’AIFE selon les spécifications publiées1.

→ Cette API n’est pas ouverte aux entreprises directes : elle est réservée aux PA et OD.

3. API d’e-reporting (intégrée aux PA)

Pour qui : applications qui gèrent les transactions B2C, ventes étrangères, achats étrangers — typiquement des caisses, des plateformes e-commerce, des outils comptables.

Ce que vous pouvez faire :

  • Pousser les agrégats de transactions à votre PA (qui transmet ensuite au PPF)
  • Récupérer les statuts de transmission
  • Gérer les rectifications

Authentification : OAuth 2.0 via votre PA.

Détail e-reporting.

Standards et formats — ce qui transite via l’API

Toute API PA expose ou consomme des documents conformes à au moins un des trois formats :

Factur-X

  • Structure : PDF/A-3 contenant un fichier XML CII intégré
  • Profils : Minimum, Basic WL, Basic, EN 16931, Extended
  • Profil obligatoire : a minima EN 16931 pour la conformité 2026-2027
  • Avantage : double lisibilité humaine (PDF visuel) + machine (XML)
  • Bibliothèques : voir l’écosystème référencé par le FNFE-MPE2 (implémentations Java, PHP, .NET, Python publiées par la communauté Factur-X).

UBL (Universal Business Language)

  • Structure : XML pur, standard OASIS3
  • Version : UBL 2.1 minimum, profils EN 16931 compatibles4
  • Avantage : supporté nativement par Peppol et largement utilisé en EDI international
  • Bibliothèques : OpenPeppol SDKs et bibliothèques OASIS UBL — voir le site OASIS UBL3

CII (Cross Industry Invoice)

  • Structure : XML pur, standard UN/CEFACT5
  • Profils : EN 16931 pour la conformité réforme6
  • Cas d’usage : EDI traditionnel, échanges B2B industriels lourds
  • Bibliothèques : disponibles via les SDKs PA et les bibliothèques EDI standards — voir UN/CEFACT XML Schemas5

→ La norme européenne EN 16931 publiée par le CEN4 est le socle commun aux trois formats : tout document conforme EN 16931 est accepté par l’administration6, quel que soit son format de sérialisation (Factur-X, UBL ou CII).

Modèles d’authentification typiques

Mécanisme Cas d’usage Pré-requis
OAuth 2.0 client_credentials Application backend (ERP, SaaS) parle à une PA Client ID/Secret délivrés par la PA
OAuth 2.0 authorization_code App qui agit pour le compte d’un utilisateur PA Consentement utilisateur via redirect
mTLS (mutual TLS) PA ↔ PPF (AIFE) Certificat délivré par AIFE après immatriculation
Signature JWT Souvent ajouté à OAuth pour signer chaque payload Clé privée éditeur
Webhooks signés Notifications PA → votre app Secret HMAC partagé

Liste des PA exposant une API publique ou partenaire

Au 31/05/2026, toutes les Plateformes Agréées disposent nécessairement d’une interface technique d’interconnexion avec le PPF (obligation d’agrément). En revanche, l’existence d’une API publique ou partenaire ouverte à des tiers (clients, intégrateurs) varie selon les éditeurs — c’est ce dernier point qui fait la différence pour un acheteur cherchant à automatiser ses flux. Consulter la page développeur de chaque PA pour le détail (existence de Sandbox publique, OpenAPI/Swagger en ligne, mode d’authentification, rate limits, tarification API). Quelques PA SaaS publient une page d’intégrations grand public (Pennylane7, Sellsy8, Cegid9, Sage10) ; d’autres acteurs orientés EDI/B2B (Sovos11, Esker12, Pagero13) communiquent leurs interfaces sur leurs pages produit.

Choix d’une API PA — checklist développeur

Avant de signer avec une PA, vérifier :

  1. Conformité : la PA est-elle dans le registre officiel ? Annuaire officiel.
  2. Documentation publique : peut-on lire l’OpenAPI/Swagger sans NDA préalable ?
  3. Sandbox / environnement de test : disponible sans contrat commercial ?
  4. SDKs officiels : Java, Python, PHP,.NET, Node.js disponibles ?
  5. Webhooks fiables : retry, signature, ordering ? SLA documenté ?
  6. Rate limits : connus, suffisants pour votre volumétrie ?
  7. Tarification API : par requête, par facture, ou inclus dans l’abonnement utilisateur final ?
  8. Support technique : SLA développeur, channel dédié, status page ?
  9. Annuaire SIREN : recherche d’un destinataire via SIREN/SIRET ?
  10. Cycle de vie de facture : événements de cycle (envoyée → reçue → acceptée → payée) accessibles via webhook ou polling ?

Implémentation type — “Hello World” Factur-X via API PA

Pseudo-code générique (sans clé API réelle) :

1. POST /oauth/token { client_id, client_secret, grant_type: client_credentials }
 → access_token

2. POST /invoices { recipient_siren, amount, vat_rate, items, format: "factur-x" }
 Authorization: Bearer {access_token}
 → { invoice_id, status: "queued" }

3. Webhook POST {votre_endpoint} { event: "invoice.sent", invoice_id, status: "sent" }

4. (optionnel) GET /invoices/{invoice_id} pour polling
 → { status: "delivered", recipient_acceptance: "pending" }

→ Chaque PA expose une variante de ce flux. La spécification exacte est dans la doc OpenAPI de la PA cible.

Tarification API — modèles courants

Trois modèles tarifaires observés sur les pages développeurs publiques :

  1. Facturation incluse dans l’abonnement utilisateur final : modèle annoncé par les PA orientées SaaS comptable (Pennylane7, Sellsy8, Tiime14, Indy15, Cegid9) — la PA facture l’utilisateur final, l’éditeur intégrateur ne paie pas séparément.
  2. Tarification API par requête / par facture : modèle annoncé sur les pages produit des opérateurs EDI traditionnels (Sovos11, Esker12, Pagero13) — voir les conditions tarifaires de chaque éditeur.
  3. Tarification API forfaitaire éditeur : abonnement mensuel par volume avec cap par requête, à vérifier sur la page tarif de chaque éditeur.

→ Pour un éditeur SaaS qui revend à ses utilisateurs finaux : modèle 1 est le plus simple (pas de coût additionnel, marge sur l’abonnement utilisateur). Pour un éditeur EDI B2B lourd : modèle 2 est standard.

Sécurité — bonnes pratiques

  • Chiffrement TLS 1.2+ partout (TLS 1.3 préféré)
  • Stockage des secrets : Vault, KMS, HashiCorp Vault — jamais en clair dans le code ou le repo
  • Rotation OAuth tokens : refresh_token vs re-authentification client_credentials
  • Signature HMAC des webhooks entrants (vérifier X-Signature ou équivalent)
  • Rate limit côté votre app pour éviter de saturer la PA cible
  • Logs séparés des données fiscales (ne pas écrire les XML factures en log clair — RGPD + secret fiscal)
  • Audit trail : conserver les correlation_id de chaque appel pour traçabilité 10 ans

FAQ courte

Puis-je connecter mon ERP custom directement au PPF (sans PA) ?

Non, sauf à devenir vous-même Plateforme Agréée6 — process administratif et fiscal complet décrit sur la page officielle (cahier des charges, audit, conditions d’immatriculation). Durée typique non publique : à mesurer sur la trajectoire des PA récemment immatriculées via le registre16. Pour la quasi-totalité des cas d’usage, vous passez par une PA tierce qui expose son API.

Quel format choisir entre Factur-X, UBL et CII ?

Factur-X est le plus simple si vous voulez un PDF lisible humain en plus du XML (pratique pour les TPE/PME). UBL est dominant en flux Peppol et international. CII reste utilisé en EDI lourd. Tous les trois sont conformes EN 16931, donc réforme-compatibles.

Quelle PA pour intégrer un projet open-source (Dolibarr, Odoo) ?

Pennylane et Sellsy documentent une sandbox publique avec inscription self-service selon leur page développeur. Cegid Apidae ou Sage Connect si vous êtes déjà dans l’écosystème Cegid/Sage. Voir Dolibarr vs Odoo pour les implications connecteur.

Y a-t-il une API officielle PPF pour les développeurs externes ?

Non, l’API du PPF est réservée aux PA et OD immatriculés. Les développeurs externes passent obligatoirement par une PA tierce.

Quelle latence d’envoi typique ?

La latence dépend de la PA émettrice, de l’annuaire central et de la PA réceptrice. Depuis le recentrage du PPF1, la facture transite PA émettrice → PA réceptrice (avec consultation de l’annuaire central opéré par le PPF), pas par un “tunnel PPF”. Les latences observées varient selon les éditeurs — consulter les SLA techniques publiés par chaque PA dans sa documentation développeur.


Pour conclure : choisir une API PA n’est pas un choix technique pur — c’est aussi un choix commercial (modèle tarifaire), un choix de stack (SaaS comptable vs EDI lourd) et un choix de conformité (registre officiel16 officiel). Notre comparateur inclut le filtre “API ouverte” pour identifier rapidement les PA accessibles aux développeurs.

Sources et références

  1. Ministère de l’Économie — communiqué « L’État accompagnera la généralisation de la facturation électronique entre entreprises » (15 octobre 2024, recentrage du PPF) — consulté le 31/05/2026.    

  2. FNFE-MPE — Factur-X : spécification et profils — Forum National de la Facture Electronique. Consulté le 31/05/2026. 

  3. OASIS — Universal Business Language (UBL) v2.1 — standard ouvert OASIS. Consulté le 31/05/2026.  

  4. CEN — EN 16931 Electronic invoicing — semantic data model — norme européenne facturation électronique. Consulté le 31/05/2026.  

  5. UN/CEFACT — Cross Industry Invoice (CII) — standard onusien. Consulté le 31/05/2026.  

  6. DGFiP — Facturation électronique et plateformes agréées — page officielle impots.gouv.fr. Consultée le 31/05/2026.   

  7. Pennylane — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026.  

  8. Sellsy — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026.  

  9. Cegid — page facturation électronique obligatoire / PDP — consulté le 31/05/2026.  

  10. Sage — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  11. Sovos — site éditeur — consulté le 31/05/2026.  

  12. Esker — site éditeur — consulté le 31/05/2026.  

  13. Pagero — site éditeur — consulté le 31/05/2026.  

  14. Tiime — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  15. Indy — site éditeur et pages produit — consulté le 31/05/2026. 

  16. Registre officiel DGFiP — liste des Plateformes Agréées — consulté le 31/05/2026.  

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